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Photo © Jean-Paul Cohade

David Banquet (Aurillac) : "La mêlée marche bien, mais elle peut encore progresser"

Arrivé à Aurillac après le succès contre Rouen (23-6), David Banquet va apporter sa science de la mêlée. S'il n'entend pas révolutionner un secteur déjà fort, il a des idées pour l'améliorer. Après 17 ans de haut niveau comme joueur, Banquet a su se nourrir de différentes expériences, et débarque dans un club taillé pour lui.

Comment s’est faite votre venue à Aurillac ?

"Ça faisait quelque temps que j’essayais de trouver un club en France, j’avais fait passer mon CV à Walter Olombel, en lui disant « Si un jour vous avez besoin, je suis disponible ». Et il m’a appelé il y a quelques jours pour qu’on se voit."

 

Comment appréhendez-vous cette expérience, pour intervenir sur un secteur qui s’est déjà montré performant ?

"Ce n’est jamais facile d’arriver en cours de saison, parce qu’il y a des routines en place, et il faut composer, ne pas arriver en imposant les choses tout de suite. Il faut prendre le temps. La mêlée marche bien mais elle peut encore progresser. Il y a pas mal de points techniques qu’on peut améliorer, de ce que j’ai vu."

 

"Je ne vais pas tout révolutionner, mais donner des conseils qu’ils prendront ou pas. Distribuer plein de petites techniques sur les appuis, les liaisons, les placements et on essaiera de mettre ça en place".

David Banquet (Nouvel entraîneur de la mêlée d'Aurillac)

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Que vous a apporté votre séjour en Nouvelle-Zélande, auprès des Blues d’Auckland ?

"Beaucoup de choses. Personnellement, déjà, ça m’a plus ouvert aux autres. Quand j’entraînais à Libourne, j’étais assez fermé, un peu trop directif. J’avais des principes de jeu. Et quand tu restes fermé, tu n’évolues pas. Le fait d’avoir été là-bas, entraîner avec 12 autres personnes, ça oblige à partager et ça nous fait grandir. On s’ouvre aux autres, on communique, on échange."

 

Cela permet aussi de mieux comprendre les joueurs étrangers ?

"En Nouvelle-Zélande, ils n’ont pas la culture de la mêlée. Ils survolent. Là-bas, j’avais une heure par semaine sur la mêlée. Je comprends mieux les piliers fidjiens ou néo-zélandais qui ont des difficultés à s’adapter au championnat français et notamment la mêlée. Même si, quand tu regardes les Blacks, ils ne reculent pas."

La mêlée a été un des points forts du Stade Aurillacois cette saison. Un édifice que Banquet n'entend pas révolutionner mais améliorer. Photo Jeremie Fulleringer

Il y a plusieurs écoles sur la mêlée, entre les entraîneurs qui travaillent beaucoup en opposition ou plus avec le joug, laquelle préférez-vous ?

"Si tu veux travailler la technique individuelle, l’opposition est très bien. Mais je ne suis pas pour qu’il y en ait trop. Parce qu’on n’est pas arbitre. Il n’y a pas de sanction. Forcément, les mecs se mettent en travers, trichent un peu et ça fout le bordel. Le joug, c’est très bien pour tout ce qui est vitesse, souplesse.

Après, il faut un peu d’opposition mais avec beaucoup de temps de récupération. Ne pas faire 20 mêlées, mais 10, avec une grosse intensité. Tu limites le risque, parce que c’est souvent là que les joueurs se blessent. Il faut de tout."

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David Banquet a commencé à faire connaissance avec le groupe aurillacois. Et il a hâte de commencer à travailler la mêlée avec lui. Photo Jean-Paul Cohade

Aurillac dispose d’un groupe sain, c’est quelque chose que vous avez pu éprouver, déjà ?

"Je l’ai senti, oui. Ils ont l’air de bien vivre ensemble, ils rigolent, se chambrent. C’est important. Si tu n’as pas la banane, quand tu viens à l’entraînement, que tu te dis « je vais travailler », ce n’est pas bon. Là, ça n’a pas l’air d’être le cas. Ils communiquent entre eux."

 

Avant de signer ici, que représentait Aurillac pour vous ?

"Quand je venais jouer ici, notamment avec Béziers, j’ai toujours connu une équipe difficile à manœuvrer. C’était rugueux. Et elle me plaît aussi parce que le style d’Aurillac c’est celui d’une équipe joueuse. Même si j’évoluais comme pilier, j’adore le jeu, j’aime quand le ballon va à l’aile. Après, pour ça, il faut des fondamentaux et une bonne mêlée."

David Banquet vu par... Guillaume Ribes

Retraité depuis 2017, l'ancien talonneur d'Aurillac et Brive, Guillaume Ribes, a évolué une saison aux cotés de David Banquet, à Toulon.

Ancien talonneur d'Aurillac et Brive, Guillaume Ribes connaît bien David Banquet, avec qui il a évolué une saison à Toulon. Une période durant laquelle les deux hommes ont su tisser des liens, humainement et rugbystiquement.

"On n'est pas de la même génération, mais on a été élevé dans le même moule. Pour lui, ce qui compte, c'est l'humain, l'honnêteté et tout ce qui va autour : être franc, le savoir-vivre, et le respect des personnes. On s'est de suite entendu. Quand tu as les mêmes valeurs, tu adhères de suite aux gens".

Un club taillé pour l'ancien pilier droit

"Joueur, il avait la force, la technique et l'amour de la mêlée. D'ailleurs, il a joué dans des clubs qui avaient vraiment cette culture".

Guillaume Ribes (Ancien talonneur d'Aurillac et Brive, partenaire de David Banquet à Toulon)

"Je connais le staff d'Aurillac par coeur, pour avoir joué avec eux. Et je pense que ça va bien se passer. David correspond vraiment à la ville et au club. Il va apporter encore plus son savoir-vivre, son respect sur et en dehors du terrain." Avec surtout une vraie compétence.

"Il a toujours eu le plaisir de transmettre. A Toulon,  quand des jeunes montaient, il avait le goût de montrer les choses, de leur apprendre", observe Guillaume Ribes.

"Il faisait la démarche de lui-même. Tu voyais que ça lui plaisait, c'était naturel chez lui. Moi j'étais déjà pro, j'avais du vécu, mais on échangeait beaucoup, et c'est quelqu'un qui écoutait aussi. C'était toujours constructif", loue son ancien partenaire.

 

Entretien réalisé par Jean-Paul Cohade

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