Actualité sportive en auvergne



Photo © christian stavel

Gontinéac (Espoirs Aurillac) : "Encore des séquelles"

Les Espoirs du Stade Aurillacois ont rallié la trêve hivernale à une confortable 6e place. Pourtant, le début de saison des Cantaliens, marqué par le décès brutal de Louis Fajfrowski, laissait présager un exercice bien plus difficile à négocier. L’entraîneur, Roméo Gontinéac, raconte comment son équipe est en train de se relever de ce drame.

Quel bilan faites-vous de cette première partie de saison ?

« Comme tous les ans, notre effectif a beaucoup changé. C’est donc souvent compliqué de bien démarrer. Cela s’est encore vérifié cette année avec un début d’exercice délicat où on a fait un match nul face à Toulon (19-19) et concédé une large défaite face à Perpignan (29-58) à la maison. La mayonnaise n’a pas pris tout de suite parce qu’on a aussi eu du mal à trouver une charnière stable. Enfin, l’accident dramatique qu’a subi le club avec le décès de Louis Fajfrowski n’a pas aidé et est encore palpable. On a encore beaucoup de joueurs affectés par ce tourment, ce qui les empêche de jouer à leur niveau. Après, ce qu’il y a de positif c’est qu’on continue depuis quelques saisons de bien stabiliser notre conquête, on a des certitudes dans ce domaine. Cela s’est vérifié lors de notre dernier match de l’année, à Perpignan, où on a pris notre revanche de très belle manière. J’ai aimé l’investissement, la conquête et le jeu qu’on a su mettre en place. Les joueurs mettent beaucoup de coeur dans ce qu’ils font, c’est une vraie satisfaction. »

 

Après le décès de Louis Fajfrowski, en tant qu’entraîneur, comment vous êtes-vous positionné ? Votre approche a-t-elle d’abord été plus psychologique que rugbystique ?

« Nous (le staff) avons aussi été affectés. Nous avions également besoin de supports psychologiques, même si on ne l’a pas manifesté. J’étais moi-même très proche de Louis Fajfrowski, c’était un peu notre chouchou. En tant qu’entraîneurs, on a essayé de transmettre aux joueurs que ce genre de choses faisait malheureusement partie de la vie, qu’il fallait avancer et pas reculer. Je n’irais pas jusqu’à parler de travail psychologique, mais on s’est rendu disponibles pour les joueurs qui en avaient la nécessité. Certains ont eu besoin d’aller voir un psychologue qui est toujours à notre disposition à l’hôpital. Malgré cela, on a des joueurs qui ont encore des séquelles. »

 

Ce début de saison, dans ces conditions, vous a-t-il inquiété ?

« C’est toujours plus facile d’observer cela chez les autres et de se dire que ça peut arriver. Mais quand ça arrive chez toi, tu cogites beaucoup. J’avoue que c’était compliqué. On s’est posé plein de questions. Qu’est-ce que devient le rugby ? Qu’est-ce que va devenir notre équipe ? Comment vont réagir nos joueurs ? Après, comme pour tout, c’est le temps qui permet de guérir. L’entraide qu’il y a eu au club a été très importante. Que ce soit entre le président, les entraîneurs et les joueurs il y a eu une grande solidarité. Petit à petit on essaye de sortir de ce drame. »

 

Vous décrochez votre première victoire de la saison à Biarritz (19-31), lors de la quatrième journée. C’est ce qui a véritablement lancé votre saison ?

« Oui, effectivement. Cette première victoire aurait pu intervenir dès la première journée face à Toulon où on a rivalisé dans le jeu mais commis trop de fautes. Le match de Biarritz nous a reboosté et donné beaucoup de confiance pour la suite. »

 

L’équipe Espoir est régulièrement sollicitée par l’équipe professionnelle cette saison encore. Quel impact cela a dans les performances de vos joueurs lorsqu’ils reviennent avec vous ?

« Psychologiquement, c’est très important. Les joueurs qui sont juste conviés à venir s’entraîner avec l’équipe première, c’est déjà quelque chose d’extraordinaire pour eux. C’est donc un capital confiance très important. Après, chaque joueur réagit différemment. Certains se pensent peut-être plus forts et s’investissent un peu moins, alors que d’autres reviennent encore plus motivés. En tout cas, on travaille pour ça. Notre objectif est qu’un maximum de joueur aillent jouer avec les pros. »

 

Vous êtes actuellement 6e du classement. Avez-vous le sentiment d’être à votre place et quels sont vos objectifs pour la suite de la saison ?

« On a perdu tout seul à domicile face à Oyonnax (20-30) un match qui ne devait pas nous échapper. Avec quatre points supplémentaires et un peu plus de réussite face à Toulon on aurait peut-être pu être un peu plus haut au classement mais pas au point d’être qualifiables (deux premières places). On regarde toujours vers le haut bien sûr, la place de quatrième me semble être un objectif cohérent mais le principal est d’envoyer un maximum de joueurs avec la première, qu’ils se régalent et qu’ils progressent. Quand on a ces choses-là, généralement le reste suit. »

 

Propos recueillis par Vincent Balmisse

Commentaire