Actualité sportive en auvergne



Plus Sports de combat
Photo © Jean-Louis Gorce

Adel Fersi : « Je me sens plus éducateur qu’entraîneur »

Au Clermont boxe Saint-Jacques, installé au gymnase Thevenet, la mission des entraîneurs va au-delà de la simple pratique du sport.

Des enfants courent dans tous les sens, passant des bras de leurs parents aux tapis d'un atelier de danse. Dans un petit ring, le boxeur pro Benedikt Croze, du club Clermont boxe Saint-Jacques, encaisse les crochets de minuscules cogneurs.

La mine déconfite, un môme passe à côté d'Adel Fersi, entraîneur au club. « Oh ! Souris, toi ! », lui lance-t-il, gagnant ce qu'il a demandé. Gentiment, cette figure du quartier sermonne les turbulents et remotive les ronchons. Et ils le prennent bien, ils ont toujours connu Adel, qui habite Saint-Jacques depuis plus de quarante ans.

« Quand les jeunes me racontent leurs histoires et qu'on est là pour eux, je me sens plus éducateur qu'entraîneur », explique le fondateur du Clermont boxe Saint-Jacques. « Il y a du boulot, à "dire crache pas, fait pas ci, fait pas ça"… On a une mission sociale. »

"Si tout le monde y mettait du sien,
on s'entendrait mieux"

Cette mission s'illustre naturellement : « La boxe, ça défoule, ça te canalise. Avec elle, tu apprends le self-control ». Mais l'aspect social du club se mesure aussi au regard de ses collaborations, avec le comité de quartier pour l'organisation d'événements, ou avec le service de développement, d'accompagnement et de prévention (Sdap), une équipe d'éducateurs de rue dont le travail est loué par les acteurs du quartier.

« Un jour par an, on fait une action "je nettoie mon quartier". Tout le mois de juillet, on est allé au bas des immeubles de Winston-Churchill et de Claude-Bernard, pour faire des ateliers boxe. Les gosses n'ont pas toujours les moyens de partir en vacances, c'est pour qu'ils aient quelque chose à faire », indique Adel Fersi.

L'entraîneur appelle à plus de dynamique sur Saint-Jacques, pour favoriser les liens entre les personnes. « Depuis vingt ans, la population a explosé à Saint-Jacques. Des associations se sont montées pour animer le quartier. Si tout le monde y mettait du sien, on s'entendrait mieux. »

Commentaire