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Photo © Photo Richard BRUNEL

All Star Perche : un homme à deux visages

Voici venue la semaine du temps partagé pour Renaud Lavillenie. Le perchiste clermontois se prépare intensivement pour remporter le concours international qu’il organise, dimanche, à la Maison des Sports. Mais Renaud l’athlète et Lavillenie l’organisateur ne s’opposent pas : « Ils cohabitent très bien ».

Renaud l'athlète...

Renaud concourt, dimanche après-midi (15 heures), fort de son nouveau titre de champion de France Elite et d’une unique ambition : gagner ! 
 
Que vous inspire votre 14e titre de champion de France Elite, à Liévin, dimanche dernier ? 
 
« Le nombre ne me fait pas plus d’effet que ça. Ce qui est super­ satisfaisant, c’est que ce n’est jamais si facile de gagner les France, c’est toujours piégeux. En plus, on est dans une discipline en France qui est plutôt bonne donc je n’ai pas le droit d’être à 50 % pour gagner ; il faut que je m’emploie. 
 
En avez-vous gardé sous le pied avant le All Star Perche ? 
 
« Non, ce n’est pas le cas. Je n’ai pas pu tester les perches et l’intensité que je voulais. Physiquement, je me sentais bien mais je n’ai jamais eu les sensations pour lâcher les chevaux, celles qui m’auraient permis de passer le cap et de sauter encore plus haut (5,83 m, ndlr). Je l’explique sans l’expliquer dans une salle à demi-pleine et sans une ambiance délirante ; j’avais un peu l’impression d’être à l’entraînement. Et puis, je pense que je ne suis pas fait pour cette salle. »
 
Renaud Lavillenie visera la victoire dimanche.
 
Passerez-vous sur votre élan complet à 20 foulées, dimanche ? 
 
« Non, j’ai décidé que je ferais l’hiver sur 18 foulées et je ne vais pas en changer. Je touche pas mal de choses, j’ai calé ma course, je suis compétitif avec;je ne vais pas me tirer une balle dans le pied avant le meeting et le championnat du Monde. »
 
Quel sera votre objectif ? 
 
« Vu le plateau, le premier objectif sera de gagner. Et ce ne sera pas une mince affaire. Ça ne se fera pas à 5,80 m mais forcément plus. Je compte sur le fait d’être à la maison et le soutien du public pour me pousser dans mes retranchements. Ensuite, j’aimerais bien récupérer la meilleure performance mondiale à Clermont. »
 
Et franchir la barre des 6 m ? 
 
« Oui, j’y pense. Mais je ne m’enflamme pas. Je sais que si je fais la course aux 6 m, je ne ferai pas un concours intéressant. Je n’ai pas la marge d’il yadeux ans. Je vais construire étape par étape. » 
 
Comment vous entraînez-vous, cette semaine ? 
 
« Comme les années précédentes. J’ai beau être dans l’organisation, la priorité est de m’entraîner et de manière intensive. Ensuite, au lieu de passer mon temps libre à la maison, je le passe à la Maison des Sports. »
 
Mais Renaud l’athlète n’est-il pas embêté par Lavillenie l’organisateur ? 
 
« Pas du tout. En fait, ce qui est marrant et révé­ lateur, c’est que les questions à ce sujet insistent sur le côté négatif. Or je fais ça en connaissance de cause. Organiser ne me pénalise pas, voire l’inverse. L’athlète et l’organisateur cohabitent très bien. Cette implication me donne une énergie supplémentaire, presque un atout car l’avantage, le dimanche, c’est que je suis au courant de tout. »
 

... Lavillenie l'organisateur

Lavillenie organise à la Maison des Sports de Clermont un énorme meeting international. Qu’il tient à réussir de sa mise en place jusqu’à son final...
 
Le All Star Perche ne grignote-t-il pas, en fait, sur votre temps de préparation ? 
 
« Vous savez, sur une semaine « normale », je ne suis pas 45 heures au stade à m’entraîner et à me concentrer sur la préparation. Je prends sur mon temps libre, sinon, je ne le ferais pas. Et puis, il y a tout le travail en amont. » 
 
Pourquoi êtes-vous « obligé » de diriger le positionnement des pistes en début de semaine à la Maison des Sports ? 
 
« Parce que c’est pour moi l’élément primordial et que je ne peux pas revenir dessus. Je tiens à ce que ce positionnement soit à mon image et si je ne suis pas là ­ je l’ai vécu, l’année dernière ­ des personnes prennent des initiatives. »
 
Et... 
 
« Eh bien, si la piste n’est pas montée correctement, il faut la démonter avant de la remonter... En somme, si on ne pose pas bien la première pierre, tout l’édifice peut partir en vrille. Heureusement, j’ai la chance d’avoir beaucoup de bénévoles vraiment impliqués et qui prennent du plaisir dans cette organisation. » 
 
Renaud Lavillenie organise et participe aussi à l'installation de la piste.
 
L’effet d’une très bonne organisation vous concerne également... 
 
« Effectivement. Un organisateur va forcément faire son maximum pour que les top athlètes d’un meeting évoluent dans les meilleures conditions et, actuellement, j’en fais largement partie, donc si l’organisateur n’est pas capable de me satisfaire, ça va me retomber dessus. En l’occurrence, je fais le boulot d’organisateur du mieux possible pour satisfaire l’organisateur qui est athlète également. » 
 
Êtes-vous stressé par l’approche de l’événement ? 
 
« Pas du tout. Ce n’est pas la première édition et on a pas mal de repères. Et puis il y a une belle équipe motivée pour travailler sur ce projet. On est même limite à refuser du monde. C’est d’ailleurs quelque chose de très positif de savoir que venir prendre part à cet événement intéresse les gens. » 
 
Y aura-t-il des surprises pour cette troisième édition ? 
 
« Des petites bricoles. L’objectif principal du All Star Perche, c’est surtout la réalisation des meilleures performances possible. On reste sur la même lignée, dimanche. L’ambition est de mettre en place quelque chose de serein et pérenne. » 
 
À quel moment Lavillenie l’organisateur disparaît-il totalement derrière Renaud l’athlète ? Juste avant la compétition ? 
 
« Jamais. Même pas pendant le concours. J’ai toujours un petit pourcentage de contrôle sur le meeting. »
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