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Photo © Nicolas AURIAULT

Foyot : "Quand j'entends la Marseillaise, j'ai la larme"

A 66 ans, Marco Foyot est à nouveau sélectionné en équipe de France. Aux côtés de Christian Fazzino, autre légende de la pétanque, de Fernand Rivière et de Christian Lagarde, le pensionnaire de la pétanque de Loubeyrat va défendre les chances tricolores aux championnats d'Europe vétérans en Bulgarie jusqu'à mercredi.

Cela faisait longtemps que la Fédération Française n'avait pas envoyé une équipe aux championnats d'Europe vétérans...
Oui en effet, c'est la première fois depuis cinq ans. L'âge de départ pour y participer est 55 ans alors qu'en France la barrière est fixée à 60 ans. La Fédé a décidéé cela dans l'hiver et m'a donc convoqué avec Fazzino, comme nous sommes les deux vieilles canailles, les légendes. Ils nous ont associés à Fernand Rivière (Nice) et Christian Lagarde (Montauban).

Lorsque l'on a disputé des milliers de parties à travers le globe, est-on encore honoré par une sélection ?
Bien évidemment. Je suis extrêmement honoré de représenter la France. Au même titre que Christian Fazzino. Cela fait depuis plus de 50 ans que l'on féraille un peu partout. Le fait d'être convoqué à ce Championnat d'Europe est gratifiant. La boucle est bouclée. Beaucoup de gens sont derrière nous. C'est un véritable plaisir pour moi d'aller en Bulgarie représenter la France. Je suis franchouillard à 100%. Le fait de porter un maillot tricolore c'est important. Quand j'entends la Marseillaise, j'ai parfois une petite larme. Cela me fait vraiment vibrer.

Le fait qu'il y ait Foyot et Fazzino dans la même équipe attire forcément la lumière sur cette compétition...
Il y a 28 nations. Les Champions d'Europe hollandais je les connais. Et c'est vrai qu'ils se font du soucis. Le fait que la France ait sélectionné Foyot et Fazzino apporte de la crainte chez les adversaires. Lagarde et Rivière sont aussi deux très gros joueurs. On est là pour le faire le job.

Vous considérez-vous comme favoris ?
D'après tous les Français, il faudrait que l'on gagne. J'ai vu sur les réseaux sociaux que beaucoup de nations nous considèrent effectivement favoris. Maintenant, les parties de boules, il faut les jouer. Il faut faire attention. Je prends la chose très au sérieux. Il faut être professionnel.

« Fazzino, je suis pratiquement le seul à pouvoir lui dire certaines choses »

Christian Fazzino doit certainement prendre la chose très au sérieux aussi...
Fazzino aussi ça lui plait. C'est un titre que les Français n'auront pas. Et avant que les Dylan Rocher, Henri Lacroix et les autres soient vétérans il y a du temps encore... Donc c'est à nous de ramener cette médaille d'or.

Vous et Christian Fazzino possédez tout de même des caractères bien affirmés. La cohabitation se passe bien malgré tout ?
Je suis pratiquement le seul à pouvoir lui dire certaines choses. C'est vrai qu'il est compliqué. On connaît tous Fazzino. C'est un champion exceptionnel. Il faut se mettre à sa place. Mais moi, il m'écoute. Et puis vice-versa. Nous avons du respect l'un pour l'autre. En 2020, on va surfer sur la vague "des légendes". J'ai pas mal de choses à faire avec lui. Des opérations de communication dans les entreprises.

C'est un rapprochement en fin de compte...
Pendant 30-35 ans on a tappé l'un contre l'autre. Alors finir notre carrière ensemble, c'est assez marrant. On a été champions de monde ensemble. Alors pourquoi pas être champions d'Europe maintenant. On tient encore la route et il y beaucoup d'équipes qui nous craignent.

Propos recueillis par Arnaud Clergue

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