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Hayraud (ASM Romagnat) : "Faire mieux chaque année"

Annick Hayraud, dirigeante de l’ASM Romagnat et de l’équipe de France féminine, dresse le bilan de la saison de son club, conclue par une défaite en quart de finale face à Bayonne (21-15). Année après année, l’ASM Romagnat confirme sa progression et vise toujours un peu plus haut.

Le bilan de la saison doit être positif après ce quart de finale ?

« Avec la modification du championnat cette année (ndlr : Top 16 avec deux poules de huit équipes), l’objectif du club était de rentrer dans les quatre places qualificatives à l’issue de la phase régulière. On finit troisième et on échoue de peu en quart de finale. Je pense qu’il y avait la place de gagner à Bayonne. Mais c’est vrai que globalement c’est plutôt une satisfaction. Les joueuses ont été très volontaires et ça c’est forcément très positif. »

 

Vous avez des regrets sur ce quart de finale face à Bayonne ?

« Il y avait moyen de faire mieux. Après, c’est toujours difficile de jouer à l’extérieur, notamment à Bayonne. Le contexte est particulier. Mais il ne faut pas que les filles aient de regrets. Je crois qu’elles ont donné le maximum. Après coup, il y a toujours moyens de dire qu’il ne fallait pas faire tel ou tel choix. Notre paquet d’avants a été en difficulté en conquête durant la première mi-temps. Cela a été rectifié en deuxième mi-temps, mais notre prestation globale en a été impactée. A ce niveau, cela se joue à quelques détails, notamment sur le plan technique. »

 

Aujourd’hui, qu’est-ce qu’il vous manque pour être au contact des plus grosses équipes du championnat ?

« Je pense qu’on manque un peu de profondeur de banc. On manque d’éléments sur certains postes. Si on arrive à se renforcer d’une joueuse par ligne, ça peut faire quelque chose d’intéressant. Là, on est à flux tendu. Dès qu’il y a une fille blessée ou indisponible cela devient compliqué. »

 

Il faut donc s’attendre à des arrivées en vue de la saison prochaine ?

« Personnellement, je n’interviens plus à ce niveau-là. Mais oui, bien sûr que les deux entraîneurs (ndlr : Fabrice Ribeyrolle et Vincent Fargeas) ont dû s’y pencher fortement. »

 

Que met en avant un club comme l’ASM Romagnat pour attirer des joueuses ?

« La force de l’ASM Romagnat est tout d’abord sa formation. Par ailleurs, lorsque le club recrute c’est à chaque fois des joueuses bien ciblées à qui on propose un vrai accompagnement dans leurs cursus scolaires ou professionnels. Aujourd’hui, on ne peut pas se permettre financièrement de faire venir des filles pour faire venir des filles. Nous ne sommes pas une grosse structure mais cela nous permet de créer un environnement familiale autour des joueuses pour qu’elles se sentent bien et s’épanouissent. »

 

Cela a l’air de porter ses fruits avec la présence cette saison de trois joueuses de Romagnat en équipe de France (Caroline Thomas, Emma Coudert, Marine Pellegris)…

« On voulait aussi voir Elise Pignot cette année, mais elle s’est blessée à chaque fois qu’un rassemblement était prévu avec l’équipe de France. Ce sont des filles à fort potentiel que l’on veut amener au haut niveau. Quand on regarde la performance de Marine Pellegris en quart de finale face à Bayonne, c’est plutôt intéressant. Caroline Thomas a aussi été un petit peu une révélation à ce niveau international lors de la tournée de novembre. Effectivement, ce sont des filles qui pointent le bout de leur nez. Mais comme je leur dit toujours, rien n’est jamais acquis, il faut continuer de travailler dur. »

« Aujourd’hui, on ne peut pas être internationale et s’entraîner deux fois par semaine »

Y a-t-il d’autres joueuses de Romagnat susceptibles de rejoindre à terme l’équipe de France ?

« Il y a des filles que l’on suit mais comme dans tous les clubs. Aujourd’hui, on ne sait pas si on les fera venir sur des stages mais on essaie d’être vigilant. On a aussi la volonté de leur montrer la différence qu’il y a entre le championnat et le niveau international. »

 

Pour atteindre le niveau international, les joueuses doivent-elle se résoudre à franchir le pas de manière individuelle ?

« Oui, complètement. Je crois que les clubs essaient de se structurer et de faire les choses de mieux en mieux. Mais si une joueuse veut être internationale, c’est son auto-détermination qui va tout définir. Aujourd’hui, on ne peut pas être internationale et s’entraîner deux fois par semaine. Cela appartient à la joueuse de faire tous les sacrifices qui vont avec. »

 

Pour revenir à l’ASM Romagnat, quel est l’objectif du club la saison prochaine ?

« L’idée, c’est de stabiliser l’effectif et d’avoir quelques joueuses qui viennent en renfort. Chaque année, on a la volonté de faire mieux que la précédente. Cette année on a fini troisième, il faut donc qu’on soit dans les deux premières de poule. Je pense que c’est un objectif réalisable et cohérent. »

 

Propos recueillis par Vincent Balmisse

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