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Lavillenie : "Être prêt pour Bruxelles"

Une petite coupure après Berlin où ses 5,95 m lui ont offert le bronze européen à la perche et Renaud Lavillenie renoue avec la compétition, ce mercredi soir à Chorzow (Pologne). En vue de la prochaine finale de la Diamond League, à Bruxelles, le 31 août.

Régénéré après quelques jours passés dans le Sud-Ouest, en famille et entre amis, Renaud Lavillenie, « bronzé » des Europe de Berlin, a retrouvé la piste des Cézeaux, samedi dernier, le sautoir… de son jardin, le lendemain, et la salle de musculation ce lundi après-midi. Fin prêt, annonce-t-il, pour aborder sa fin de saison de perche avec de réels objectifs.

Comment avez-vous géré l'après-Berlin ? 

« J'ai pris quelques jours, direct, parce que je savais que les championnats, c'était intense et que derrière, il faut savoir couper un peu. 90 % de la saison se sont quand même joués le dimanche 12 août, derrière, c'est presque "peu importe ce qu'il se passe". Ce micro-break m'a fait du bien : rester à la maison et tout de suite s'entraîner, c'est dur, autant psychologiquement que physiquement. La compète de Berlin a laissé des traces dans tous les sens et il faut aussi se dire que Berlin, c'est fini, et que le résultat soit très bon, très mauvais, moyen, mitigé ou autre, il faut aller de l'avant. Là, je me suis pas mal aéré l'esprit et me voilà bien motivé pour la fin de saison. Ça m'est déjà arrivé de tirer un peu la langue, mais là, l'oxygénation m'a permis de me projeter sur les dernières compétitions avec des objectifs assez sympas… »

« C'était la compète de leur vie »


Cette folle soirée de Berlin, avec le recul, vous inspire quoi ? 

« J'ai énormément galéré sur cette compétition. À Berlin, quasiment à aucun moment je me suis battu avec les autres, je me suis battu avec moi-même. En qualif, on a eu du vent, perturbateur pour à peu près tout le monde mais moi, en plus, j'avais un problème pour "déplacer" mes perches correctement… J'avais mis ça sur le compte qu'on était le matin, que c'étaient les qualifs, et que le vent faisait que ce n'était pas non plus facile. Mais le lendemain, c'était exactement pareil, dès l'échauffement, alors que j'étais bien physiquement et en mode "finale" donc avec un engagement bien plus important… En fait, c'est que dans le butoir, mes perches touchaient le tapis, parce que posé sur un caillebotis, il était relativement plus haut qu'il devait être. Et ça, ça me met dans la m… car je suis le plus petit des perchistes et celui qui a le plus de flexion. Ce qui me faisait toucher le tapis. On était sans trop de solutions avec Phil (d'Encausse, son coach). Je ne pouvais rien faire d'autre que de me battre, en sautant avec une petite perche (5,00 m, 15.0 de dureté). Mais il fallait que je mette beaucoup plus d'engagement pour arriver à quelque chose de correct. C'était vraiment difficile à gérer… Honnêtement, je ne sais pas comment j'ai fait pour passer 5,95 m avec cette perche-là, sauf à être dans l'optimisation maximale de ses possibilités, au bon moment… Mais à 6,00 m et 6,05 m, je devais en changer (5,10 m/14.6). Et là, en regardant mes sauts après, j'ai bien vu que je n'avais pas pu "envoyer"… J'ai un peu de rage par rapport à ça mais franchement, vu le concours, même si j'avais été dans de bonnes dispositions, je n'aurais pas pu prétendre gagner facilement… Mon sentiment à la fin ? J'étais super-content, je m'étais battu comme jamais et j'avais sorti des trucs qui ont même épaté Philippe… Ça a été une sacrément grosse compétition et j'ai vraiment pu la savourer parce que je sais dans quelle galère, j'ai été. Et encore, avec la chance de ne pas avoir eu la moindre douleur à mes genoux ! »

On parle de Duplantis (6,05 m) et Morgunov (6,00 m) ? 

« Ce qu'ils ont fait tous les deux, c'est bluffant. "Mondo" m'a à moitié surpris mais tous les deux, leurs sauts, c'est juste incroyable ! Quand on voit ça, on se sent presque impuissant, on se dit : "Ben, allez-y ! Battez-vous entre vous et nous, on regarde…" C'était assez particulier. On pouvait penser que ça pouvait être comme ça mais pas avec autant de facilités et d'aisance. Tout de suite, c'est sûr, c'était la compète de leur vie et celles qui vont venir seront intéressantes… Mais en tout cas, ce qu'ils ont fait là, c'était très costaud… »

Quels sont vos objectifs de fin de saison ? 

« Je pense avoir les moyens d'aller chercher encore une ou deux perfs à 5,90 m. Je me sens bien physiquement et il faut que je surfe là-dessus. Là, je vais avoir 4 compétitions en 9 jours. On a quand même l'avantage, en fin de saison, d'enchaîner les compétitions sans avoir la crainte que ça nous mette dedans en vue d'un grand championnat. Même s'il y a la finale de la Diamond League (Bruxelles, le 31 août) qui est à jouer et qui est quand même assez importante. Plus globalement, l'objectif, sur cette fin de saison, c'est de continuer à faire des perfs à 5,80 m, à chaque fois. La régularité à 80-90, c'est vraiment mon truc. Cette année, Berlin, c'était mon 141e concours à 5,80 m et 67e à 5,90 m. Cette année, j'en suis à 8 à 5,90 m et 17 à 5,80 m. Atteindre les 20 à la fin 2018, ce serait bien. Et si une perf de pointe doit sortir, autant aller la prendre. »

Jean-Philippe Béal

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