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Photo © Francis CAMPAGNONI

Lavillenie : "Un concours de dingue"

Pour Renaud Lavillenie, la frustration de sa 2e place (battu aux essais par Kendricks à 5,93 m) a vite été balayée par la satisfaction d'avoir organisé une 3e édition du All Star Perche réussie à tout point de vue, avec notamment le concours masculin le plus dense de l'histoire.

Quel est le sentiment qui prédomine chez vous après cette troisième édition du All Star Perche ?
« Ce que je retiens c'est d'avoir vécu un concours de dingue. Un truc comme ça, ce n'était même pas envisageable. Jamais on aurait pu imaginer avoir dix mecs à 5,73 m, 8 à 5,83 m et 7 à 5,88 m. Ce sont des statistiques monstrueuses. Quand on voit ça, c'est juste dingue car on est seulement sur un meeting. Il y a deux jours, on se posait la question de savoir qui allait sortir favori pour les Mondiaux de la semaine prochaine après cette journée de dimanche. Au final, on n'est pas plus avancé ! Avoir autant de mecs en 5 centimètres, je le redis c'est monstrueux. C'est donc une grande fierté pour moi d'avoir assisté et participé à ce concours-là. D'en être l'instigateur et le responsable également. »


L'organisateur que vous êtes est donc aux anges ?
« Oui. A partir du moment où il y a les perf', tu ne peux pas te dire que tu as raté quelque chose. On avait un timing à respecter en raison de la télé, on s 'était mis la pression et au final, on l'a explosé d'une heure. Mais pour les bonnes raisons ! Pas pour une mauvaise organisation mais parce qu'on a eu des p... de performances. Le concours masculin a été énorme mais le féminin également. On a deux filles à 4,86 m, on a un record de France, un record d'Australie en salle. Les deux mis bout à bout font que c'est cool. C'est un soulagement et une récompense pour toute mes équipes. Je leur mets beaucoup de pression. je peux être assez dur et cruel parfois. Derrière, on a eu la récompense. Que peut-on faire de mieux ? Continuer de faire plaisir à toutes ces personnes qui sont venues pour mettre une ambiance de dingue, continuer de servir la discipline. Je n'oublie pas que c'est un pari osé d'organiser cet événement. J'ai pris des risques et j'ai eu raison. Il m'a fallu trois éditions pour avoir la plus belle des récompenses. C'est énorme. »

« On a eu un scénario idéal »



Et le retour des athlètes ?
« Certains m'ont demandé pourquoi je n'organisais pas ça toutes les semaines ! (rire) Franchement, l'ambiance entre nous était génial. On s'entend tous très bien. Pendant le concours, il y a de l'émulation. Tu vois un mec qui passe, puis un deuxième, puis un troisième, puis il y a un record. Et ça recommence à la barre d'après. Tu n'es plus dans un rapport à la compétition comme certains peuvent l'appréhender c'est-à-dire en mode "guerre". Là, on était à des années lumières de ça. Il y avait limite de la déception de chacun pour celui qui ratait et qui quittait le wagon de tête. C'était juste une tuerie ! On a eu le scénario idéal. »


Pour en revenir au côté sportif, que vous a-t-il manqué pour battre Kendricks ?
« Un peu de réussite à 5,93 m sur mes deux premiers essais parce que je fais de petites erreurs et je perds un peu de jus là-dessus. Après, j'ai la fierté d'avoir répondu présent dans ce contexte. Derrière, à 5,98 m, il ne manque quasiment rien. En fait, je n'ai pas réussi à retrouver la même attaque que sur mon saut que je passe à 5,93 m. C'est frustrant parce que je suis plus de 10 cm au-dessus de la barre à 5,98 m et il ne manque pas grand-chose. Après, ma saison se construit. J'ai des repères qui commencent à être de très haut niveau. C'est forcément frustrant de finir deuxième aux essais mais en même temps je reste coleader mondial de la saison. J'ai encore du travail pour la semaine prochaine. Ca va être encore un concours de fou. »

« D'abord sécuriser le podium aux Mondiaux »



Quand Kendricks passe 5,93 m à son premier essai et que vous ratez votre première tentative à cette hauteur, avez-vous envisagé de passer à la hauteur suivante ?
« Non parce qu'à ce moment-là, on était encore trop nombreux dans le concours. On aurait été que deux, j'aurais certainement fait l'impasse. Mais là, si tu fais l'impasse, tu as encore six sauteurs et il suffit qu'il y en ait un ou deux autres qui passent et ça te vire du podium. Il ne faut pas mélanger les tactiques. C'est la même stratégie que je vais avoir la semaine prochaine aux Mondiaux. Tu sécurises le podium et après tu "matches". Là, il fallait faire 5,93 m pour être sur le podium, je l'ai fait. Il n'y a pas de regret. »


Vous parlez de sécuriser le podium. C'est votre objectif premier aux Mondiaux de Birmingham la semaine prochaine ?
« Le truc c'est de ne pas faire n'importe quoi. Quand tu dis c'est l'or ou rien, tu as souvent plus de chance de ne rien avoir au final. On est sur un niveau mondial qui est incroyable actuellement. Il va déjà falloir aller à 5,90 m pour être sûr d'être sur le podium. Et encore, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Il faut faire un concours intelligent. En général, en grand championnat, je passe rarement à côté. J'ai le titre à aller chercher pour la troisième fois et j'ai hâte d'y être car je pense que ça risque d'être sympa. »
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