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Photo © La Ruche

Le krav-maga, remède post-attentats

Depuis début septembre, des cours de krav-maga sont dispensés par l’USI karaté au gymnase du Pré Rond à Issoire, le lundi de 19 heures à 20 h 15. Un art du combat rapproché utilisé par les unités d’élite israéliennes.

« Depuis les derniers attentats en France, il existe une réelle tension. Les gens ont peur et veulent être parés à toutes éventualités. En venant ici, ils cherchent à se rassurer, mais je leur apprend aussi à ne pas être paranoïaques. » Frédéric Blanchet professeur de krav-maga à l’US Issoire karaté ne se leurre pas, il sait très bien que la vague de licenciés qui se tournent aujourd’hui vers la self-défense, est liée aux derniers événements.

« Quand ils arrivent, ma priorité est de leur redonner confiance en eux. Je leur apprends à marcher la tête levée pour être attentif au monde qui les entoure. À sortir leur nez du portable, à arrêter de regarder leurs baskets, pour ne pas se mettre en danger. 

« Les gens ont peur et veulent être parés… »


Après, nous travaillons sur des situations d’agression. L’idée est d’avoir les mécanismes et les réflexes mais aussi de garder la lucidité et le calme indispensables pour gérer son stress et ses émotions dans une telle situation. »

À écouter, Frédéric Blanchet qui pratique les arts martiaux depuis 1987, son rôle a dépassé celui du professeur. Désormais « psychologue », il combat les peurs. La faute à un monde qui change.

Dans son cours du lundi soir, pas de profil type. Il y a même beaucoup de non-sportifs. Des mamans qui viennent après avoir récupéré leurs enfants à l’école, des retraités, mais aussi des personnes qui travaillent dans la sécurité ou des gendarmes. Tous viennent pour apprendre à se défendre, et non pour apprendre à combattre.

Une mixité totale qui rappelle l’impuissance des hommes devant l’imprévisible. S’ils savent tous qu’ils n’arriveront pas à prendre le dessus sur la fatalité, ils viennent chercher à ce cours des outils pour l’affronter sans se mettre en danger.

Utilisé par les unités d’élite israélienne


Contrairement au full-contact, le krav-maga ne requiert aucune condition physique particulière. Il n’y a ni compétition, ni médailles, ni kimonos d’ailleurs. « Il n’y a pas de combat au sens propre du terme, pas de concurrence entre ceux qui participent. Une ceinture de couleur est là pour symboliser nos acquis, mais l’essentiel n’est pas là dans cet art martial, continue Frédéric Blanchet. Mon but est de leur apprendre une méthode de défense simple, efficace et rapidement assimilable pour qu’ils soient capables de se sortir de toutes les situations. »

Une mission qui colle exactement aux origines du krav-maga, cet art martial créé par Lichtenfeld dans les années 50, alors qu’il était chef-instructeur pour l’éducation physique pour Tsahal en Israël et qu’il cherchait une technique de combat rapproché – krav maga en hébreux – plus facile et rapide à apprendre pour les forces spéciales.

Un art martial qui s’organise autour de trois idées maîtresses : défense, chemin le plus court et contre-attaque simultanée. Frédéric Blanchet veut aller plus loin en rappelant que « le krav-maga n’encourage pas à l’affrontement, bien au contraire. Il valorise le principe d’évitement. D’où l’importance de marcher la tête levée, d’être alerte au monde qui nous entoure. Si je vais dans un bar et que je vois au comptoir deux mecs un peu lourds, je ne vais pas aller m’asseoir à côté d’eux sous prétexte que si ça dégénère je saurai me défendre. Non c’est vraiment pas l’idée. Je leur apprends à éviter les problèmes. À prendre les informations et les bonnes décisions avant pour ne pas risquer d’être exposé au danger après. Et si agression il y a, à ma charge aussi de leur apprendre les réflexes et les mécanismes pour y faire face. Mais tout cela en gardant à l’idée que dès que l’on a la possibilité de fuir on le fait?! J’ai pour habitude de leur dire que l’affrontement n’intervient que si la porte de sortie est derrière l’agresseur qui nous fait face. »

Et oui, il faut se faire à l’idée : les super-héros et les surhommes n’existent pas. Mais Frédéric Blanchet et l’USI Karaté forment aujourd’hui des personnes lambda devenues demandeuses dans une société qui les dépasse. Elles y apprennent à se défendre mais aussi à protéger les gens qui les entourent… Et si la self-défense – auto-défense pour les moins anglophones – était, contrairement aux idées reçues, une ouverture sur le monde…

En bref

Qui ? Accessible aux débutants comme aux confirmés, aux hommes et aux femmes. 
Quand ? Tous les lundis de 19 heures à 20 h 15. 
Où ? Au gymnase du Pré Rond, avenue Antonin-Gaillard à Issoire. Renseignements complémentaires au 06.14.20.14.41.
Pourquoi ? Pour apprendre à se défendre rapidement sans contraintes techniques ni conventionnelles
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