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Photo © Franck Boileau

Les clubs à Saint-Jacques sont des vecteurs de liens sociaux et d’intégration

Avant-dernier rendez-vous de notre série sur Saint-Jacques. Aujourd’hui, focus sur les clubs de sport, dont les membres s’impliquent au-delà de leurs disciplines.

Quand il sort des fourneaux de sa boutique, on ne peut pas imaginer que ses mains qui manipulent du pain chaud ont été redoutables sur les rings du monde entier. Wahid Damache, dit Pik Soon, est co-gestionnaire, avec sa sœur Myriam et son frère Eddine, de P'tit Pain, boulevard Claude-Bernard, à Clermont. Il est aussi double champion de France et vice-champion d'Europe de boxe Muay thaï.

Accoudé à une table de la boulangerie, un ami parle pour lui : « Un quartier comme Saint-Jacques, ça forge le mental. Tout est dur à avoir, il faut de la force de volonté. On ne peut pas être fort si on ne se sent pas fort soi-même ». Pik Soon l'avoue : « C'est dur de s'entraîner en bossant en même temps. »

« Chercher les jeunes dans la rue »

Son frère Bouziane entre dans la boutique. Wahid s'entraîne depuis plusieurs années au Brizon Gym de Riom, mais lui a créé un club de boxe thaï à Saint-Jacques, au gymnase Thevenet, rue des Plats. Tout le monde n'a pas la même niaque que son frère ? Peu importe. « Mon club est destiné aux jeunes du quartier. Je vais les chercher dans la rue. Je trouve les groupes, on discute, je leur dis de venir essayer la boxe quelques mois. Il y en a qui finissent par boxer en championnat, on a déjà payé le déplacement jusqu'à Paris », explique Bouziane, qui ne serait pas contre un coup de pouce de la Ville de Clermont.

Un coup de fil et quelques minutes plus tard, Eddine rapplique à son tour au P'tit Pain. Le troisième frère Damache est vice-président de l'AS Saint-Jacques, le club de football du plateau, fort de 400 licenciés. L'association s'implique aussi auprès des jeunes, au-delà de son aspect purement sportif : sorties, aide aux devoirs, éducateurs lancés dès 14 ans pour les responsabiliser. « On est un club familial », considère Eddine. « Nous avons repris le rôle de la maison de quartier »

La mixité au bout des haltères


Au gymnase Louis-Thevenet, rue des Plats à Saint-Jacques, on ne trouve pas que le club de boxe thaï de Bouziane Damache et celui de boxe anglaise d'Adel Fersi. Forte d'une centaine d'adhérents, l'association Phoenix Camp fait aussi dans les arts martiaux. Elle délivre des cours de pancrace, une forme de lutte libre née dans la Grèce antique. 

Mais Phoenix camp ne s'arrête pas aux combats. Le club dispose aussi d'une salle de musculation associative. « Il y a une grande diversité parmi les gens qui fréquentent la salle : jeunes du quartier, étudiants, quadragénaires, ou professeurs de collège, comme moi », raconte Mathieu Piqueras, secrétaire de l'association. « Au début, on est certainement attiré par les prix de la cotisation, bien plus faibles que les salles privées. Ensuite, les gens restent pour l'état d'esprit. Le sport est le point commun à tous, il permet d'élargir la conversation, de se parler. »
C'est ainsi que s'opère le brassage. Une mixité sociale naturelle. « Nous souhaitons intégrer tout le monde, tant que les règles sont respectées par chacun », explique Mathieu Piqueras.

Horaires. La salle de musculation de l'association Phoenix camp est ouverte en semaine de 9 heures à 14 heures et de 17 heures à 21 heures et le samedi de 9 heures à 12 heures. L'adhésion est fixée à 80 euros par an. Il est possible de venir essayer la salle avant de s'inscrire.

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