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Photo © Richard BRUNEL

Ligue de Diamant : Lavillenie veut franchir un cap

Frustré par sa modeste performance à 5,60 m, samedi, au Meeting de Paris, Renaud Lavillenie veut profiter de la Weltklasse de Zurich, aujourd'hui (18 h 50), pour retrouver de la hauteur.

Il espérait bien mieux, samedi dernier, à Charléty que ses 5,60 m (6e place). Renaud Lavillenie entend « se bouger », ce soir (18 h 50), sur le concours de perche de Diamond League de Zurich.

 

Paris, samedi, Zurich, demain, comment meuble-t-on un temps aussi court entre les deux concours ?

« Avec une petite séance de récupération, en allant trottiner lundi matin avant une séance de sauts, l’après-midi. En fait, j’avais prévu de faire plus ou moins de choses selon comment cela se serait passé à Paris… »

 

Du coup, cela a été “plus”…

« (sourire). Oui, il fallait que je passe à l’offensive, pour continuer à bien ressentir ma perche. Je comptais sur Paris pour continuer à monter en puissance. Parce qu’à l’entraînement, je réalisais des trucs pas trop mal mais cela reste toujours différent de l’intensité de la compétition. J’attendais de passer un cap et je ne l’ai pas passé. Il fallait donc que je force un peu plus à l’entraînement pour que cela puisse aller de manière positive lors de la prochaine compète. »

 

Arriver à faire plus à l’entraînement suppose que le physique répond bien…

« Oui ! Au moins, le côté positif de ma période actuelle, c’est que physiquement, cela va de mieux en mieux. Je sens que j’ai retrouvé pas mal de mes qualités et d’énergie. Il faut donc que j’en profite pour sortir un peu du mode “protection post-blessure” et passer en mode un peu plus offensif. Mais, pour cela, il fallait que je sache m’écouter et attendre le bon moment… Là, ça va bien. »

 

Que s’est-il passé à Paris ?

« C’est simple mais rarement compréhensible par beaucoup de gens. Sur le sautoir, le tapis était vraiment très proche du butoir et du coup, la mousse venait taper mes flexions à chaque fois. Et comme je suis un de ceux qui ont le plus de levier et de flexion, j’en ai été le premier pénalisé. On s’en est rendu compte trop tard avec Philippe (D’Encausse, son coach) alors que j’essayais de corriger des choses pas corrigibles… D’où ma frustration. C’est décevant car j’ai clairement tiré peu d’enseignements de cette compétition, mais cela m’a mis aussi un coup de boost. Ça va me bouger pour être plus vigilant sur les deux compétitions à venir (Zurich, aujourd'hui, puis Aix-la-Chapelle, le 4 septembre) et, à l’entraînement, pour être de plus en plus efficace, sur l’engagement, le décollage, la vitesse, là où je sentais que je n’étais pas loin avant Paris. À moi de forcer le destin pour que cela puisse passer rapidement… »

 

Paris, un déclic psychologique, en fait ?

« J’étais dans une situation où j’étais obligé de me brider. Et cela n’est pas confortable du tout. J’arrive donc à être assez satisfait de ne pas avoir mis trop de temps à revenir à partir du moment où j’ai pu ressauter. Maintenant, il faut avancer. Mais garder cette patience, prendre le temps pour revenir, moi-même, à mon niveau, alors que mes adversaires, eux, sont plus forts que jamais… »

 

Vous le vivez comme une pression supplémentaire ?

« Cela fait partie du jeu. Après, je ne vais pas m’inventer des choses du genre : « Allez ! Il faut que je passe six mètres ! » Non, il faut déjà que je passe 5,90 m. Il ne faut pas se tromper d’objectif. Eux, ils passent six mètres mais cela fait 6 mois qu’ils sont au taquet, moi, cela ne fait que deux mois que je saute. Je veux juste prendre des repères, remonter au fur et à mesure… »

 

Jean-Philippe Béal

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