Actualité sportive en auvergne



Photo © Richard BRUNEL

Mon souvenir de l'année 2018 : le 12 mai

A l'occasion des fêtes de fin d'année, les journalistes de la rédaction des sports vous racontent le souvenir sportif de l'année 2018 qui les a le plus marqué. Nouveau volet avec Manuel Caillaud qui revient sur le 12 mai, jour où les Espoirs de l'ASM ont remporté le titre de champion de France.

C’est fini au stade Lucien-Desprats de Cahors. L’arbitre vient de libérer les trente acteurs de cette finale Espoirs. L’ASM a gagné : 24-19, grâce à quatre essais de Ruaud (2), Vili et Ezeala. Le sixième titre de champion de France de l’histoire du club. Après avoir résisté aux derniers assauts palois en fin de match, les jeunes Montferrandais peuvent laisser éclater leur joie. Une marée « jaune et bleu » envahit alors la pelouse. Les remplaçants, qui trépignaient depuis de longues minutes le long de la ligne de touche, rejoignent en sprint leurs coéquipiers. Les jambes ne piquent plus, la fatigue a disparu. Les joueurs s’enlacent, chantent. Les yeux sont rougis, les larmes perlent.

 

rugby espoirs asm vs pau, James Coughlan, cahors le 12 mai 2018, photo Richard Brunel

Avec mon collègue Jean-François Nunez, avec qui je viens de commenter cette finale, nous scrutons les quatre coins du terrain pour ne rien rater des scènes de joie qui se déroulent devant nos yeux, que ce soit sur la pelouse, ou en tribunes, où l’imposante délégation auvergnate célèbre ce succès. Les chants s’enchaînent, tandis que les fumées des fumigènes commencent à chatouiller la gorge. La fête est totale.

 

 

 


Impossible alors de ne pas repenser à cette finale 2016. Nous y étions avec Jean-François. Ce jour-là, l’ASM avait vu le bouclier lui échapper aux tirs au but face à Bordeaux-Bègles (29-29 à la fin des prolongations, 6-5 aux tirs au but). Ces images des Clermontois, en pleurs, inconsolables, totalement perdus sur la pelouse de
Limoges après cette défaite cruelle contrastent avec les scènes qui se déroulent devant nos yeux. « On ne voulait pas revivre ça », nous confiera plus tard Charles Villatte, présent en 2016 à Limoges et titulaire à l’ouverture ce 12 mai 2018 face à Pau pour son dernier match sous les couleurs auvergnates. Mission
accomplie.


Deux ans après, les larmes coulent une nouvelle fois sur les joues auvergnates. Mais pas pour la même raison. A la déception et la frustration limougeaude ont succédé le bonheur et la joie de ramener ce bouclier dans l’armoire à trophées du club. L’aboutissement d’une saison réussie à tous points de vue. « La mission est doublement accomplie », se félicitait à chaud Philippe Gauran, le co-entraîneur de l’ASM, qui faisait équipe pour la dernière fois ce 12 mai 2018 avec Sam Cherouk, qui décidera, quelques jours plus tard, de quitter son poste pour se consacrer à 100 % à l’équipe de France féminine de rugby. « Le premier objectif, c’est de faire jouer le plus possible de jeunes avec les pros, embrayait de son côté Xavier Sadourny, qui fait le lien entre le groupe professionnel et les Espoirs. Cela a été le cas cette saison, ce qui leur a permis d’acquérir de l’expérience. Après, la finalité, c’est vrai que c’est le titre. Mais, même sans ça, on aurait été fiers et heureux pour eux. »

 

 


Sur la pelouse du stade Desprats, les joueurs auvergnats sont ivres de bonheur. Tous aimeraient que ces instants ne s’arrêtent jamais. A commencer par le capitaine Kilian Tripier, le visage marqué par l’âpreté du combat, qui a conduit ses hommes à ce bouclier pour son dernier match avec l’ASM : « Dans cinq ans ou dans dix ans, tout le monde se rappellera de nous. On aura notre photo aux Gravanches ». On pense également aux Pierre Begon, Robin Garret, Alexandre Nicoué, Charles Villatte et à tous ces joueurs de la génération 1996 qui voyaient leur aventure montferrandaise se terminer sur ce titre de champion de France.

 


A quelques mètres de là, Thibault et Clément Lanen, les jumeaux de l’ASM, savourent eux aussi l’instant présent. « D’être tous les deux sur la feuille de match, on ne pouvait pas rêver mieux. En plus, on a joué presque tout le match ensemble. C’est énorme », lance Clément, sous le regard bienveillant, mais quelque
peu embué, du papa, leur premier supporter.


Le match est terminé depuis une bonne heure maintenant. Les Palois s’apprêtent à reprendre la route. Les Montferrandais eux continuent de savourer ce titre, dans les vestiaires cette fois, où les enceintes donnent tout ce qu’elles peuvent. La fête ne fait que commencer. A ce moment-là, le Bouclier n’est encore qu’en un
seul morceau… (*)

 

Manuel Caillaud

 

(*) Le Bouclier n’a pas survécu à sa première nuit clermontoise. Le cadre en bois a été cassé en deux. Les jeunes Auvergnats l’ont rafistolé avec du ruban adhésif. « Les Perpignanais (vainqueurs en 2017) nous l’ont  rendu cassé », nous confiera cet été Samuel Ezeala.

 

Les épisodes précédents :

 

Le 12 mai, sur Kilian Jornet (Francis Laporte)

Le 25 février, sur le All Star Perche (Jean-François Nunez)

Le 23 novembre, sur le trophée des Villes de pétanque (Luc Barre)

Le 21 juillet, sur Julian Alaphilippe (Raphaël Rochette)

Le 25 novembre, sur Jessy Trémoulière (Stéphanie Merzet)

Le 6 janvier, sur Moulins-Yzeure- Monaco (Kevin Lastique)

Le 13 novembre, sur Claude Michy  (Frédéric Verna)

Le 10 août, sur Louis Fajfrowski (Sébastien Devaur)

Le 12 août, sur Clémence Calvin (Jean-Philippe Béal)

Le 11 mai, sur le Clermont Foot (Didier Cros)

Le 15 avril, sur Maxime Petitjean (Nourredine Regaieg)

Le 19 mai, sur le Montluçon Foot ( Laurent Calmut)

Le 8 décembre, sur Timisoara - ASM (Christophe Buron)

- Le 6 mars, sur la JAVCM (Vivian Massiaux)

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