Actualité sportive en auvergne



Photo © CAMPAGNONI FRANCIS

Renaud Lavillenie : "J’ai choisi d’avancer"

« Malheureusement, je ne vais pas sauter ». Renaud Lavillenie a coupé court au suspense, ce vendredi , à la conférence de presse du All Star Perche dont il ne sera que l’organisateur zélé, ce dimanche , à la Maison des Sports de Clermont.

Participer n’aurait vraiment pas été raisonnable ?

« Je suis dans des délais de cicatrisation (de l’ischio-­jambier droit) qui font que soit je fais comme il y a deux ans (forfait pour la saison après le All Star Perche 2017), je saute absolument, j’ai une chance sur deux de me refaire mal et tout le temps que j’ai pris n’aura servi à rien, soit je grandis, j’avance et je ne reproduis plus les mêmes erreurs. Ce choix­-là est forcément extrêmement dur pour moi parce que ce n’est pas du tout la position que j’aime. »

C’était une tendance forte ou est-ce une cruelle surprise ?

« Non, je m’étais fait à l’idée depuis un petit moment. Quoique j’aie toujours gardé dans un coin de ma tête l’espoir de sauter. Je ne suis pas un mec qui lâche comme ça. Mais, si je me présente en bout de piste, je vais me faire "défoncer" par mon coach, mon kiné, mon docteur et mon agent. En fait, c’est peut­-être la première fois que je vais écouter mon staff à 100 %. »

Avec une vision à quel terme ?

« On est parti d’un constat très simple avec Philippe (d’Encausse, son coach). Si je suis capable d’être compétitif sur une jambe, vivement que je sois sur deux. Il faut tout mettre en place pour ça, ne plus entretenir de petites blessures pour retrouver le niveau que j’avais il y a quelques années, tout remettre à plat pour être en forme les 3­-4 prochaines saisons. »

Et pour 2019 ?

« L’objectif prioritaire, ce sont les Mondiaux, le 1er octobre, ce qui me laisse un mois et demi de plus que d’habitude. On espère avoir pris la très bonne solution pour défendre pleinement mes chances d’être champion du monde. »

Où en est aujourd’hui votre blessure ?

« Elle a super bien évolué. J’ai repris la course sur tapis, cette semaine, avec de l’intensité. À l’échographie, il y a encore des petits traits d’inflammation, de lésion, mais la fin est proche, je pense que dans deux semaines, la cicatrisation sera totale. »

Avec le All Star, vous mettez également une croix sur les Europe ?

« L’un ne va pas sans l’autre. Et si ça peut casser là, ça peut casser dans 5 jours. Comme les Europe je les ai déjà gagnés 4 fois et que je ne suis pas compétitif, je le prends avec un peu plus de légèreté mais ce sera dur la semaine prochaine de voir le titre se jouer sans moi. »

Et demain ?

« La maigre consolation que je peux avoir, c’est que cela me permet de m’impliquer à part entière dans le meeting, de le vivre en interne. »

Avez-vous conscience que le All Star sans Renaud, pour beaucoup, ce n’est pas pareil ?

« Oui, je sais que les gens viennent aussi pour me voir. On peut regretter mon absence mais la perche masculine est tellement dense ; je ne suis pas indispensable et je peux compter sur la présence d’excellents athlètes. J’espère que le All Star Perche, dimanche, va encore rester le meilleur concours de l’hiver et je serai là comme maître de cérémonie. »

 

Francis Laporte

Commentaire