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Photo © Photo Francis Campagnoni

Renaud Lavillenie, l'ascenseur émotionnel

Ascenseur pour les étoiles. Par ses qualités d'organisateur. Par ses dons de perchiste. Renaud Lavillenie a embarqué tout le monde, dimanche, spectateurs, athlètes, dans le grand ciel des émotions.

A quoi songe-t-il, lui, encore en sportswear, décontracté, quand, à 15 heures, la Maison des Sports s'entiche des premiers sauts, de perchistes qui se rassurent au rez-de-chaussée d'un concours appelé à monter haut ? Mi-organisateur mi-athlète, dans les tribunes ou en discussion sur le plateau, le Clermontois attend son heure.

16 heures : sortie de la première perche de l'étui. Et c'est l'ascenseur de 16 h 07. Un pullman à 5,73 m ! Plus haut, au 4 e étage de la montée des barres, à 5,81 m, il y a le feu. Chapelle qui bat son premier record personnel, Duplantis, son premier record du monde juniors indoor. Le bris de perche de Wojciechowski refroidit les suivants ? Pas le Clermontois qui part sur la droite, se rattrape dans les airs, au métier. Grand art.

Ensuite, le voilà qui traverse le plateau pour s'enquérir de la santé de l'Ukrainienne Kylypko, mal retombée dans le butoir des filles, rappel des dangers de la perche. Puis, il emmène la salle dans sa course parfaite et son saut à 5,88 m. Un esprit de perfection plane, émulation générale qui inspire Chapelle et Duplantis, à nouveau, Ménaldo aussi.

Sixième étage. 5,93 m, à sept dans la cabine, du jamais-vu depuis que la perche existe, Mondiaux, JO compris. Là ça coince, ça grince. Et ça se desserre. Seuls s'en sortent Kendricks, d'entrée, et lui, au troisième essai. Dès le deuxième les « Allez Renaud » fusent. A la suivante, la Maison des Sports crie. Passé, l'Auvergnat hurle, de cette envie et de cette rage qui font contrepoids à la fatigue.

L'Américain et le Français, voisins de paliers à 5,98 m ! La grande salle vibre, palpite. Elle est transportée. Debout devant les dernières tentatives. L'émotion à son comble.

« Exceptionnelle »


Ses trois échecs sous les 6 m, son second rang aux essais ne le portent pas entièrement au septième ciel. « Je ne vais pas vous cacher que j'ai une frustration », stoppe le coleader mondial. Mais si vite dépassée. « Là, je comprends mieux pourquoi je me défonce autant, pour cette ambiance, pour ce concours de dingues, même pas envisageable ».

Les compteurs, les prévisions télés, explosés ! « Je pensais à un concours de 2 h 30, et on a éclaté le timing d'une heure. À cause de putains de perfs. On ne pouvait pas dire aux gars, arrêtez de sauter haut, faut qu'on rende l'antenne. C'est excellent ».

Grand habitué des concours de perche s'il en est, Philippe d'Encausse, son coach, monte aussi dans l'ascenseur émotionnel : « C'était une compétition exceptionnelle. On savoure. Pour les gens qui aiment la perche, c'était terrible ».

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