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Photo © Jean-Louis GORCE

Renaud Lavillenie : l'heure du retour

C’est cet après-midi, à 17 heures, au stade du Brotillon, à Pierre-Bénite que le perchiste clermontois Renaud Lavillenie renouera avec la compétition. Avec les ambitions liées à une reprise.

Renaud, vous avez effectué, ce mardi, votre première vraie séance de perche depuis trois mois. Vous l’aviez jugée intéressante. Mais l’avez-vous « digérée » ?
Ca va, j’ai survécu (rires) ! Plus sérieusement, je suis dans l’ensemble assez content parce que c’est vrai qu’avec mon staff, on avait forcément, je ne dirais pas une inquiétude, mais une réflexion : j’ai fait une bonne séance, c’était une très bonne étape que de pouvoir reprendre mais il fallait vraiment être conscient que voilà un moment que je n’avais pas sauté, que je risquais d’avoir des séquelles physiques car il fallait que tout se remette en place. Donc, derrière, ça a été assez léger, j’ai juste fait une petite séance de musculation un peu dynamique mercredi matin avant un jeudi sans entraînement. Et dans l’ensemble, à part une petite contracture dans le dos, assez bénigne, rien de particulier, même sur les ischios et le genou, sur lesquels j’avais un peu plus d’interrogations. Je ne me sens pas non plus fatigué. Ce qui va me permettre d’aborder la compétition dans des conditions correctes.

 

Avez-vous des attentes précises pour cette reprise ?
Tout dépendra des conditions météo, qui ne sont pas stables ces jours-ci. Je crois qu’on ne sera vraiment fixé que lorsqu’on y sera mais on devrait peut-être ne pas trop mal s’en sortir. Pour moi, c’est vrai que c’est quand même là où ça va beaucoup se jouer. Comme je ne suis pas réglé, que je n’ai pas de repères, si, en plus, je dois me battre contre les conditions, ça va rajouter une composante un peu plus complexe, même si, dans l’absolu, ça nivellerait aussi un peu plus le niveau : en performance personnelle, je ne serai donc peut-être pas au niveau de mon objectif mais pour « matcher » avec les autres, ce sera peut-être un peu plus facile. Mais pour moi, déjà, la satisfaction, c’est de pouvoir reprendre la compétition, de ne pas avoir mal et de pouvoir recommencer à me projeter sur l’avenir. Et l’objectif, sur la première, c’est vraiment plaisir à reprendre la compète, à prendre des repères, à remettre tout ça en place. Après, s’il y a une perf, tant mieux, sinon, c’est pas grave...

 

Que recouvre pour vous le terme de « perf » dans ces circonstances ? Globalement, être capable de gérer le concours : je n’ai pas perdu ma maîtrise en quelques mois mais il me faut retrouver les bons automatismes. Après, encore une fois, ce sera vraiment en fonction des conditions : l’objectif pour moi, ce sera de me rapprocher ou de faire 5,71 m (les minima requis pour les Mondiaux). En tout cas, par rapport à ce que j’ai fait mardi à l’entraînement, aux perches (4,90 m de longueur) que j’emmène, je me dis que ce serait bien. Mais en fait, je me suis donné une fourchette très large : entre 5,50 m et 5,80 m. Après, si ça se trouve, je peux faire un très bon saut à 5,50 m mais derrière, juste sur la barre d’après, du fait de mon manque de répétitions et de réglages, je ne vais pas être capable de le refaire. Ma source de satisfaction, ce serait donc d’avoir de la régularité dans tout ça.

Propos recueillis par Jean-Philippe Béal

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