Actualité sportive en auvergne



Photo © JEFF PACHOUD

Tour de France : Alaphilippe va-t-il conserver le Maillot jaune jusqu'à Paris ?

Après deux semaines irrationnelles, Julian Alaphilippe est arrivé épuisé à Foix Prat d'Albis, ce dimanche, cédant pour la première fois du temps. Ce lundi, le Montluçonnais a pu profiter de la journée de repos pour se refaire une santé, avant d'attaquer une dernière semaine dantesque. Se pose alors une question : À six jours de la fin, Julian Alaphilippe va-t-il remporter le Tour de France ? Eléments de réponse.

Pourquoi Julian Alaphilippe va remporter le Tour de France...

Trois jours pour se régénérer. Pour la première fois depuis le départ du Tour, le coureur de la formation Deceuninck - Quick-Step a montré des signes de faiblesses, ce dimanche, sur les pentes de Foix-Prat d'Albis. Les premiers. Mais le Montluçonnais pourra compter sur trois journées moins éprouvantes pour se refaire un brin de santé. Exténué ce dimanche, il a d'abord pu profiter de la journée de repos ce lundi. Et il sera bien aidé par le profil des deux prochaines étapes. Ce mardi, la boucle autour de Nîmes (177 km) destinée aux sprinteurs, n'offre aucune difficulté. Le lendemain, les seuls accrocs de la 16e étape entre le Pont-du-Gard et Gap (200 km) se situent au niveau de deux ascensions, de 4e et 3e catégories. Rien d'insurmontable pour l'Auvergnat.

 

Une avance intéressante. On lui prédisait non pas le pire, mais un Maillot jaune en danger, lors du triptyque pyrénéen de la fin de semaine dernière : contre-la-montre de Pau et arrivées en altitude au Tourmalet et à Foix - Prat d'Albis. Finalement, l'Auvergnat a augmenté son avance sur ses premiers poursuivants lors de ces trois étapes. Il comptait 1'12" d'avance sur Thomas avant le chrono de Pau. Désormais, il possède un écart de 1'35" sur le vainqueur sortant. De quoi entretenir le rêve d'une victoire finale, surtout qu'il ne devrait pas concéder de temps sur ses poursuivants d'ici jeudi. 

 

Un caractère imprévisible. Depuis le début de cette 106e édition, Julian Alaphilippe ne cesse d'étonner. Alors qu'il visait une victoire d'étape, le voilà, après dix-sept jours, Maillot jaune. Un maillot qu'il a enfilé pour la 12e fois, dimanche, à Prat d'Albis. Il aurait très bien pu perdre du temps lors du contre-la-montre de Pau. Mais son extraordinaire résilience lui a permis de remporter ce dernier, avec quatorze secondes d'avance. Le lendemain, cette même détermination lui a permis de réaliser un véritable tour de force sur le Tourmalet. Pour ne pas paraphraser la diatribe d'un célèbre coureur kazakh désormais à la retraite, le Maillot jaune semble donner des ailes à Julian Alaphilippe. À six jours de la fin du Tour, à lui d'en profiter.

 

Un team Ineos affaibli. 2012, 2013, 2015, 2016, 2017, 2018... Depuis sept éditions, le team Ineos (ex-équipe Sky), domine outrageusement la Grande Boucle. Mais les temps ont visiblement changé. La cohésion de la formation britannique n'est plus aussi évidente. Cette année, le Gallois Geraint Thomas, vainqueur sortant, n'est aidé en montagne que par le Colombien Egan Bernal, et Wout Poels, par intermittence. Même le Polonais Michal Kwiatkowski, si précieux les années précendentes, a très vite été lâché jusqu'à présent. Et forcément, sans équipe qui verrouille la course, le spectacle est au rendez-vous. A Julian Alaphilippe d'en profiter.

 

Pourquoi Julian Alaphilippe ne va pas remporter le Tour de France...

Une fin de Tour très compliquée. Trois étapes dantesques attendent les coureurs dans les Alpes. Chacune d'entre elles comprendra au minimum un col de première catégorie et un hors catégorie. Rien que ça ! Si la 18e étape se termine par une descente, domaine où le coureur de la Deceuninck - Quick-Step excelle, les deux autres (19e et 20e) se concluront par deux ascensions : 7,4 km à 7 % à Tignes vendredi et 33 km à 5,5 % à Val Thorens samedi. Cet enchaînement de haute-montagne pourrait peser lourd dans les jambes de l'Auvergnat qui n'a pas ménagé sa peine depuis quinze jours.

 

Un trop plein d'efforts. Depuis le début de ce Tour de France 2019, Julian Alaphilippe n'a pas ménagé ses efforts. Pour s'emparer du Maillot jaune à Épernay (3e étape), il avait dû cravacher sur les treize derniers kilomètres. Vendredi, à Pau, il s'est offert une victoire exceptionnelle sur le contre-la-montre au prix de gros efforts. Le samedi, au Tourmalet, alors que les observateurs estimaient que cette étape serait fatale pour le Français, il réussissait à prendre de l'avance en puisant dans ses réserves.

Et quand il ne doit pas protéger son Maillot jaune ou tenter des coups de bordure (comme ce fut le cas lors de l'étape Saint-Flour - Albi) Julian Alaphilippe a pour mission d'emmener Elia Viviani sur les étapes de sprint. Un labeur qui a un coût. Dimanche, à l'arrivée de la 15e étape, le Montluçonnais a pour la première fois de cette édition 2019, montré des signes de fatigue. Après la course il a d'ailleurs confié : « Ce n'est pas une surprise pour moi de craquer face aux meilleurs grimpeurs, après ces deux dernières semaines et tout ce que j'ai donné »

 

Une équipe Deceuninck - Quick-Step trop légère pour la montagne. Sauf coup de Trafalgar, Julian Alaphilippe portera toujours le Maillot jaune au départ d’Embrun, jeudi. Lors des deux étapes de transition qui se profilent d’ici les Alpes, l’Auvergnat pourra compter sur le soutien de son équipe. En revanche, dans les Alpes, le coureur de la Deceuninck - Quick-Step devra se débrouiller seul. Ou presque. Les Morkov, Devenyns ou encore Lampaert, si précieux dans les étapes de plaine, sont moins à l’aise lorsque la route s’élève. Le seul qui semble capable d’accompagner le Montluçonnais dans les cols se nomme Enric Mas. Sauf que la défaillance du grimpeur espagnol ce dimanche dans l’étape de Foix - Prat d’Albis (158e, à 31’29’’) a de quoi inquiéter.

« Pour jouer la victoire finale, on aurait besoin de gens qui grimpent bien et aujourd'hui cela nous manque, donc il ne faut pas rêver », a d’ailleurs concédé Patrick Lefévère, le patron de la formation belge, ce lundi. « Nous n'avons pas l'équipe pour gagner le Tour », a de son côté déclaré Julian Alaphilippe. « On savait bien qu'en arrivant avec trois leaders (Elia Viviani, Enric Mas et lui-même, NDLR), on ne pourrait pas avoir cinq équipiers autour de chaque leader. » 

Ce manque de soutien en montagne constitue un sérieux désavantage pour l’actuel leader du Tour. 

 

Jéraud Mouchet

Commentaire