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Photo © Franck Boileau

Zirakashvili (ASM) : "C'est bien ma dernière saison"

Le droitier clermontois, référence au poste depuis longtemps, va attaquer dimanche sa 16e et dernière saison de joueur. Véritable dinosaure du club, Dato Zirakashvili revient sur la dernière finale et se projette sur ce qui arrive.

Le plus compliqué dans une interview du pilier géorgien ? Déjà, d’obtenir l’entretien mais, surtout, de faire le tri dans les nombreux sujets qu’aborde Zirakashvili, avec sa faconde habituelle, quand il se sait en confiance. À bientôt 36 ans, celui qui laissera forcément une trace marquante dans l’histoire du club, se dit « affamé » au moment de clore le chapitre de sa vie de joueur de rugby.

 

La défaite face à Toulouse en finale du Top 14 en juin dernier. « Pour moi, c’est la finale la plus difficile à digérer de toutes. J’avais un sentiment de ''j’en ai marre''. J’ai tellement cru qu’elle était pour nous… Ça a été très dur de revivre des choses que j’avais déjà vécues dans le passé. Avant ce match, je n’ai jamais douté. J’étais sûr de nous. Même dans les derniers instants de la finale, alors que je ne voulais pas regarder l’horloge, je me disais que ça allait basculer pour nous. Je me disais “on va le faire”. Et puis, pff… Le même sentiment qu’à Dublin en 2013 (finale de Coupe d’Europe face Toulon, défaite 15­16, ndlr). Pourquoi je pensais qu’elle était pour nous ? Parce qu’on était dans l’ombre, pas du tout favoris, on ne parlait pas de nous. Ici, personne ne fanfaronnait et on était dans une très bonne dynamique. Après, je garderai pour moi les raisons de la défaite sur le scénario du match. Je repense juste au boulot des gars devant, Rabah (Slimani), Kéké (Kayser), Étienne (Falgoux)… On aurait pris une branlée, il y aurait eu moins de douleur. Toulouse a mieux démarré le match que nous et sur l’ensemble sa victoire n’est pas injuste. »

 

Son avenir (il est en fin de contrat en fin de saison). « C’est bien ma dernière saison mais je ne me le répète pas tous les jours. Bien sûr, parfois dans une conversation, j’en parle, mais cela n’a pas eu d’incidence sur ma préparation. Je ne vais pas jouer en roue libre, bien au contraire. Ce n’est pas parce que c’est ma dernière que je vais jouer différemment, être moins impliqué. Mon objectif personnel sur cette dernière saison ? Mon but est de jouer le dernier match et qu’on puisse dire de moi : “Il pourrait en faire une de plus”. Mais il n’y aura pas d’année de plus. Si on me proposait ça en fin de saison, je dirai non car je suis déjà impliqué pour assurer la suite de ma vie. Je dois construire l’après-­rugby. »

 

L'évolution du rugby depuis ses débuts. « C’est le jour et la nuit. J’ai vécu 3 ou 4 révolutions dans ma carrière sur les règles en mêlée par exemple. Là, cette saison, ils ont changé et fait une sorte de marche arrière. Avant, le pilier s’appuyait sur l’épaule de son vis­-à-vis, il y avait une forte pression avant l’impact. Maintenant, tout ce qui était interdit sera autorisé au niveau des liaisons. On va pouvoir se lier à l’épaule, plus haut qu’auparavant, sur le bras, même, du talonneur. Avec ce changement on va revoir de gros impacts. Et les piliers vont charger au niveau du dos… Pour revenir à la question, la configuration des salles de musculation a aussi changé (rires). »

 

Christophe Buron

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