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Photo © J B Ledys

 La Riomoise Juliette Lacroix médaille d’or en boxe Muay Thaï

La championne de 31 ans, membre de l’équipe de France de Muay Thaï, est revenue de l’Open international de Turquie avec une médaille d’or autour du cou. Pour cette boxeuse riomoise, ce n’est pas encore un aboutissement, mais seulement une étape.

Dans la chaleur du gymnase Georges-Séchaud, dans le quartier de La Varenne, à Riom, où s’entraînent ses coéquipiers du Brizon Gym Riom, Juliette Lacroix est tout sourire. Elle porte à son cou la médaille d’or qu’elle a remporté, à la mi-novembre, à l’Open international de boxe Muay Thai à Antalia, en Turquie.

Depuis son retour en France, elle a multiplié les photos, médaillée, en compagnie des plus jeunes, malgré l’impressionnant cocard qui lui a orné l’œil droit. « J’ai fait plusieurs sorties avec l’équipe de France. À chaque fois, j’ai ramené des médailles, mais jamais de la bonne couleur. Cette fois, c’est enfin le bon métal », sourit cette championne de 31 ans.

 

Un sport qui enseigne l'humilité

Dans la foulée de cette compétition, elle a disputé son premier combat « pro ». Là encore, elle s’est imposée. « C’est la première fois que je démarre aussi bien une saison », savoure-t-elle.
Mais Frédéric Pereira, son entraîneur, se tient en embuscade de cette bonne humeur : « C’est un sport qui nous apprend l’humilité. Le samedi, vous êtes champion, le dimanche vous n’êtes plus rien. » Cette médaille d’or n’est donc pas un aboutissement. Mais elle est indiscutablement une étape dans la carrière de cette athlète.

 

Juliette Lacroix, membre du Brizon Gym Riom et de l'équipe de France, a remporté la médaille d'or l'open international de boxe Muay Thaï à Antalia en Turquie

À l’inverse de ses coéquipières de l’équipe de France, Juliette est arrivée tardivement à la pratique du Muay Thaï. Son enfance et son adolescence, elle les a passés à faire rebondir des ballons de basket sur les parquets de Pérignat-sur-Allier. Jusqu’au jour où cela ne lui a plus suffi.
Elle est déjà adulte quand elle enfile pour la première fois des gants. Elle a 25 ans et elle se présente en « loisir ». Ce jour-là, elle ne veut pas « entretenir sa forme » ou « pratiquer une nouvelle activité ». Ce vocabulaire propre aux sportifs du dimanche ne lui correspond en rien.

 

La rage au ventre

Non. En poussant la porte du Brizon gym club, à Riom, Juliette souhaite évacuer la rage qui la consume. Elle vient de perdre son frère. Et cela lui fait un compte à régler avec la vie.

« Je suis venue à la boxe pour me défouler. Je voulais me faire mal. Je voulais affronter des durs, même si je n’avais pas le niveau, taper dans le sac jusqu’à voir les étoiles… Progressivement, ma rage s’est transformée en force et en motivation. »

Juliette lacroix (Championne riomoise)


« Des heures sup’ non déclarées »

Sa condition physique, fruit de plusieurs années de pratique sportive intensive, lui permet de franchir rapidement toutes les étapes. Elle emmagasine progressivement une expérience appréciable.
Mais il faut encore apprendre à se maîtriser. Frédéric Pereira, son entraîneur, fustige notamment la tendance au « surentraînement » de sa championne : « elle faisait des heures sup’non déclarées ». Il lui en fallait toujours plus. « Certains jours, j’allais dans des salles de sport en cachette de mon coach. Je suis quelqu’un d’hyperactive. J’ai besoin de toujours faire du sport », souligne cette jeune femme qui, dans la vie quotidienne est… prof de sport à Clermont-Ferrand.

 

Juliette Lacroix, membre du Brizon Gym Riom et de l'équipe de France, a remporté la médaille d'or l'open international de boxe Muay Thaï à Antalia en Turquie

Aujourd’hui, pourtant, elle dit avoir évolué. Elle arrive à se reposer, à « mieux écouter son corps et son coach ». La philosophie de l’entraînement a changé, aussi : l’entraîneur et Juliette recherchent « la qualité plus que la quantité ». Et maintenant, le duo a un nouveau défi dans son viseur : le championnat de France professionnel, qui se déroulera en mars. 

Jean-Baptiste Ledys

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